La Paix!
par Pascal Martin (Le Soir), blogueur invité
Comme je l’ai déjà écrit dans « Le Soir », « C’est notre histoire! » est riche en coups de cœur. Je pourrais citer « Le Locataire », œuvre d’art qui clôt l’exposition et entraîne le visiteur sur les nouveaux sentiers de la conscience environnementale. Ou la reconstitution d’un fuselage d’un DC6 de la Sabena, avion mythique qui permit aux Belges de quitter dare-dare le Congo lors de son indépendance. Mais aussi l’installation de l’exposition dans les sous-sols de Tour et Taxis, qui lui confère une atmosphère de train fantôme. Car cette balade au ventre de l’Europe ne manque pas de mystère.
Si vous aimez potasser les livres d’histoire, si vous êtes un accroc de l’actu européenne, peut-être vous direz-vous qu’il n’y a rien de neuf dans cette ligne du temps où se succèdent le plan Marshall, la guerre froide, le grand Elargissement de l’Union ou l’avènement de la consommation de masse. Vous n’avez pas tort. Mais est-ce bien à propos ? Car cette exposition vaut surtout par sa mise en scène et, je crois, sa capacité à faire comprendre à tous l’extraordinaire chance que nous avons de vivre depuis une soixantaine d’années dans un coin de Terre où la paix est durable.
Un de ces jours, je vais prendre mes filles par le bras et nous irons y passer une heure ou deux. Je ne m’attarderai pas à leur détailler par le menu les méfaits de Staline ou l’importance qu’accorde l’Union européenne à la subsidiarité. Croyez-moi : il ne sert à rien d’aggraver une réputation de vieux tromblon. Mais je leur ferai comprendre le miracle que fut l’avènement de la paix dans nos vies, un ancrage solide jusqu’à en devenir parfois dangereusement banal, et à quel point nous avons la chance aujourd’hui de pouvoir étudier, travailler, bâtir, voyager, sans qu’à tout moment des chars d’assaut ne réduisent nos quotidiens en une vallée de larmes. C’est cela l’Europe.
Il y a plusieurs années, j’ai visité la Haus der Geschichte (la Maison de l’Histoire), à Bonn. C’est un musée fabuleux où l’on vous parle de la Coccinelle, des missiles ou de la découverte de la sexualité, avec jubilation. J’ai retrouvé un peu de son esprit dans « C’est notre histoire ». Tout ça pour vous dire que si j’ai un vœu à formuler, c’est de pouvoir pousser un jour les portes d’un tel musée à Bruxelles. Pas un musée-brocante, mais un musée qui nous parlerait aux tripes et au coeur parce qu’il contient lui-même la vie.
Messieurs les pouvoirs publics, mesdames les institutions européennes, mécènes de toutes obédiences, à votre bon cœur.
Pascal MARTIN.
Posted on November 2nd, 2007 by Charles
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