«Mon histoire personnelle a atteint un sommet, quand je suis à mon tour devenue un objet dans l’histoire de l’Europe».

C’est ainsi qu’Andreja qualifie sa participation à la grande image des 27 Européens à l’exposition. Pourtant, l’histoire de l’Europe, elle la connaît – elle est historienne et conservatrice de musée. Elle l’a vécue, de l’autre côté, comme on dit ici, en Yougoslavie, jusqu’à l’indépendance de la Slovénie. Puis elle y a contribué, comme Ministre de la culture de son pays au moment de l’adhésion à en 2004.
La Slovénie enchaîne les «premières» : première à sortir de la Yougoslavie, première à intégrer l’Union Européenne, première de l’élargissement à adhérer à l’euro, et enfin première, pour un ex-pays de l’Europe soviétisée, à présider l’Union Européenne pour 6 mois. Andreja voit dans cette mission une grande responsabilité : «Notre devoir, désormais, est d’ouvrir la voie aux autres Slaves dans leur progression vers l’Europe unie. Nous sommes un pont reliant l’ex-Yougoslavie à l’Europe. »
« Relier à l’Europe », c’est un peu le fil rouge du travail d’Andreja Rither depuis 25 ans. Elle collecte des objets quotidiens des peuples européens pour étudier leurs cultures, leur langues. «Quoi de plus beau que de collecter les objets et les histoires des autres. Les objets les plus importants sont les gens, leurs histoires, les objets façonnés par la main de l’homme qui racontent la vie à une certaine époque. Il m’est important de connaître l’histoire de tous les peuples d’Europe. Car quand nous parlons d’Europe, on évoque les peuples qui y vivent mais on oublie que nous nous connaissons trop peu.»
Ces dernières années elle les a consacrées au musée le « Repaire d’Herman », qui raconte l’histoire de l’Europe aux enfants. La collection de jouets est la plus significative, on peut y voir des jouets communs à tous les Européens, de Bruxelles à Paris, de Berlin à Ljubljana, comme l’ours en peluche, des contes, des bandes dessinées, des poupées.
«Ces jouets font partie de l’histoire des enfants slovènes, mais aussi de l’histoire de tous les petits Européens». L’unité dans la diversité ? Pour Andreja, les musées montrent ce que chaque peuple, chaque pays a d’unique. «Il faut investir dans la culture, c’est alors qu’on pourra dire que les Européens se connaissent mieux. »
Le 15 septembre 2007 a été un jour très spécial pour elle. Elle a rencontré d’autres Européens. Ils étaient 27 en tout. Ce fut, dit-elle, un moment historique dans sa vie.
« Maintenant, on raconte ma propre histoire dans un musée européen…»
Posted on January 9th, 2008 by Nicolas
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